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dimanche 11 novembre 2012

Le livre dont tout le monde cause...

Allez, juste pour le plaisir visuel, le visuel de la trilogie d'un coup me remercie pas.
Bon, si tu ignores le sujet de ce bouquin, c'est que tu vis chez les trappistes, que tu as entamé une étude approfondie de la psychologie de la crevette de Papouasie Centrale, ou que tu fais une retraite méditative à orientation cache-oreilles en fourrure. Autrement, je vois pas comment tu as pu y échapper.
Déjà, tout le monde a une opinion sur ce bouquin et elle est unanime: bouhhhh, c'est de la sous-sous-sous-sous-pas-littérature, mais comment peut-on lire ça, mazette, mine dégoutée de rigueur. On ne le lit que par simple curiosité, ma brav'dame. 40 millions d'exemplaires vendus dans le monde, quand on vous dit que la curiosité est un vilain défaut, au moins là, on se sent moins seul.
L'histoire, si tu sors de ta retraite crevette trappiste, est plus que simple-iste: Anastasia  a 21 ans, elle est vierge, totalement innocente. Un jour, pour rendre service à sa meilleure amie, elle réalise pour le journal de sa fac l'interview du mécène de celle-ci, le jeune, beau, richissime pervers Christian Grey. 
Je reprends, si t'as pas tout suivi, avec les sous titres: Anastasia mais appelez-la Ana, ça sonne moins massacre et plus... hem hem a 21 ans, elle est vierge, totalement innocente une américaine de 21 ans étudiante et totalement innocente, sans sortir de la faculté mormone, je vois mal, mais bon, je suis bourrée de préjugés. Un jour, pour rendre service à sa meilleure amie on remarquera que c'est toujours par les bonnes copines que les bons plans arrivent, elle réalise pour le journal de sa fac l'interview du mécène de celle-ci, le jeune, beau, richissime indispensable la fortune, ça supprime tellement de soucis pour la narration, et hop un hélico, et hop une voiture, et hop! pervers Christian Grey.
A partir de là, advienne que pourra!
C'est-à-dire? Tu veux en savoir plus? Pffff, tu fais donc partie de ces 40 millions de curieux?
On a là tous les clichés possibles. Genre: il est trooooooooop beau. Pis il a un super gel douche je vous assure que si Ana ne fantasme pas dessus cent fois... Il ne conçoit une relation que SM, mais finalement la tendre Ana va réussir à le pousser de temps en temps vers d'autres sphères le sexe-vanille dixit Grey, ce qui évoque immanquablement une pâtisserie indigeste, mouaif, et aucune avant elle n'avait réussi ça blablabla. Ana n'est pas du tout sûre d'elle, mais Grey la trouve à tomber. D'ailleurs elle tombe souvent, la pauvre. Ça permet à Grey de la ramasser. Il est tordu, mais il a des excuses, allez, on va les chercher et on va les chercher visiblement sur trois tomes. Le pire selon moi? La femme est une mécanique. Si. T'appuies sur le bouton lààààà et boum elle explose. La pauvre Ana explose si souvent d'ailleurs qu'elle devrait ne pas finir les trois tomes en un seul morceau. Et dès la première fois en plus, trop fort ce Grey.
Alors?
Ben malgré tous ces évidents défauts j'ai dit qu'il n'y avait pas d'histoire au fait? j'ai bien aimé. Lu au second degré parfois, c'est drôle. Cul-cul la badine selon Pivot? Certes, mais c'est assumé. Ça ne prétend pas être de la Littérature, c'est commercial sans presque se cacher, et l'abondance de produits dérivés le prouve bien: on trouve désormais pêle-mêle la compil de Grey vi passque il aime la musique le môsieur, un guide sur la psychologie des personnages ouarf ouarf ouarf... ah, avec des jeux coquins en bonus? noooon, mais que c'est malin! juste en bonus alors, hein, pas ma faute si ça traîne à la fin d'une étude aussi sérieuse sur une oeuvre majeure de la littérature contemporaine, et le guide du parfait Grey débutant en 50 leçons qui lui annonce clairement la couleur.
Ce qui sauve le bouquin pour moi, mais c'est personnel, ce sont deux astuces d'écriture. Les échanges de mails, et les deux instances mentales d'Ana, sa conscience et sa déesse intérieure, qui deviennent deux personnages à part entière très, très drôles. Mais c'est perso. Si vous ne fonctionnez ni par mails-sms ni par auto-dérision permanente incarnée, possible que ça ne vous amuse pas.
Moi, j'ai bien ri.
Par contre le titre...
ps: 16€ le bouquin, contrat standard à 6% multiplié par 40 millions égal... à la louche 40 millions. Le momporn, quelle manne!

Séquestrée

Annie, 32 ans, agent immobilier, est kidnappée par l'homme auquel elle faisait visiter une maison. Quand elle se réveille, elle est enfermée dans une cabane en rondins, sans fenêtre hontàlacouverture c'est quoi cette fenêtre illuminée?, sans aucun moyen de s'enfuir, à la merci de son ravisseur, qu'elle baptise Le Monstre.
Chouette, un livre qu'on a du mal de lâcher! Dès le début le lecteur sait qu'elle va s'en sortir: l'histoire est racontée par Annie à son psy. Dès le début on sait aussi que son calvaire a duré un an. Et Le Monstre était un vrai de vrai détraqué. Viols quotidiens, douches, heures strictes pour aller aux toilettes, j'en passe. On comprend qu'Annie ne se sente en sécurité que dans son placard!
En vingt-six séances, Annie raconte peu à peu son calvaire, mais aussi son difficile retour à une vie "normale": les flics, les journalistes, les amis, sa famille, les crises d'hyperventilation qui lui font perdre conscience, la paranoïa. Et surtout l'enquête: pourquoi elle? Bon, d'accord, j'avais deviné avant la fin, mais le fond du mobile a été une surprise... très crédible si on raisonne à la mode usa! Un bon thriller, bien écrit, bien construit.

dimanche 4 novembre 2012

La lecture qui déçut deux fois

Hope et Félicity sont jumelles. Une nuit, Félicity est enlevée dans le lit qu'elles partageaient. Et les recherches n'aboutissent pas.
Trente deux ans plus tard, c'est la fille de Hope, Krissy, qui est enlevée à la sortie de l'école. Hope, désespérée, fait appel à un groupe indépendant aux méthodes peu conventionnelles pour retrouver sa fille.
Déception... il y avait tout pour faire un bon bouquin, c'est bien écrit, mais mais mais... j'avais deviné la solution à la dixième page. Et puis la super équipe qui se la pète malgré un nom ridicule que ses membres répètent ad libitum, le manque de consistance des personnages... nan. Je dirais thriller de plage, le genre qu'on prend plaisir à lire mais qu'on peut poser sans complexe pour une somnolence au soleil.



Mélanie sait qu'elle a été adoptée par les Stokes, une famille très aisée puisque papa est chirurgien cardiaque. Mais voilà qu'un journaliste prend contact avec elle et lui apprend l'inimaginable: elle serait la fille de Holmes, l'abominable monstre qui a assassiné Mégan, la fille des Stokes. Et ses parents l'auraient adopté en toute connaissance de cause. Juste après le journaliste est assassiné. Aidée d'un policier qui, et elle l'ignore, enquête sur les malversations de son chirurgien de papa, Mélanie se lance à la poursuite de la vérité.
Même constat: j'avais deviné presque tout de suite, que c'est frustrant! Seul avantage par rapport au livre précédent, des personnages qui eux ont de la personnalité, attachants ou repoussants ils "vivent". Mention spécial au policier mis au placard doré pour cause de spondylarthrite et qui montre que même souffrant le martyre il n'en est pas moins homme, et flic très compétent. 
Donc à choisir, Lisa Gardner reste une valeur sûre!

dimanche 28 octobre 2012

Retard de billets de lecture!

Depuis que Chéri m'a offert la bouquinette, je dévore. En moyenne deux livres par semaine. Oui tu lis bien lecteur: je ne suis donc pas du tout à jour dans mes billets!
Alors je vais me livrer à un grand exercice récapitulatif, c'est parti!


Dans un monde post apocaliptyque, Temple est une jeune fille à la fois forte et tendre, terriblement attachante. Dans ce monde, les morts se relèvent et mangent du vivant, et Temple sait se protéger des vivants comme des morts. Un jour, elle tue un homme qui voulait la violer, et son frère se lance à sa poursuite pour le venger, ajoutant un danger de plus à un monde qui n'en manque pas. Ce que j'ai apprécié c'est le personnage de Temple, qui est implacable avec lucidité, mais très humaine et qui aide volontiers son prochain, sans mièvrerie. C'est une lecture forte, dont on se souvient.







Samantha, la fille de Zoé, a treize ans. Se remettant d'une mononucléose, elle paresse au bord de la piscine de beau-papa. Un beau-papa qu'elle ne peut pas souffrir, qu'elle déteste cordialement, qui n'est encore que le fiancé de sa maman, et qu'elle espère bien voir disparaître de leur vie.
Or, c'est elle qui disparaît. 
Immédiatement tout le monde pense à une fugue. Tout le monde, sauf sa mère, qui commence une quête éperdue pour retrouver sa fille, aidée par un détective privé diablement séduisant d'empathie, rapidement persuadé que le coupable est très proche.
Un très bon thriller, avec des personnages forts, parfois un peu excessifs mais la folie ne l'est-elle pas à nos yeux? J'ai aimé cette mère déterminée, ses remises en questions, et cette jeune fille à la volonté inébranlable. C'est bien écrit, ça tient en haleine, que du bon!


Allie est renvoyée de son énième lycée après avoir tagué les murs du bureau du directeur. Ses parents décident de l'envoyer en pension, dans un lycée privé du nom de Ciméria. Pas de téléphone, pas d'internet, rien que les études. Pourtant Allie s'adapte très bien, trop bien selon moi: les ados rebelles je connais, suffit pas de leur faire un sourire et de leur annoncer une dissert de 8 pages pour avant-hier pour qu'ils rentrent dans le rang! Cette invraisemblance mise à part, c'est un très bon roman. Allie se rend vite compte qu'on lui a  caché des choses, et elle part à la recherche de réponses. Et là où l'auteur est très forte, c'est qu'elle maintient l'intérêt en ne donnant aucune réponse, ou presque. Chapeau. Alors on a des meurtres, des garçons pas sympas, des garçons sympas, des profs très vieille Angleterre, des secrets, des bois impénétrables, des gros coups de flip... terrible, j'attends le tome 2 avec impatience!



Lou a 13 ans, c'est une surdouée, elle entre en seconde. Pour les besoins d'un devoir elle fait la connaissance de No. No est à peine majeure, elle vit dans la rue. Un lien très fort se tisse entre elles, puis s'y ajoute un garçon de la classe de Lou qui se moque de ses études. L'histoire est juste, sensible sans être gnan-gnan, elle dépeint très finement l'exclusion, l'adolescence, les découvertes que l'on peut faire à cet âge du monde des adultes, la révolte, le désir de tout changer, la dure réalité... un très beau roman.









Capucine Guillon, mère de trois ados, a un talent rare pour se mettre dans des situations impossibles avec la meilleure volonté du monde. Sous la forme d'un journal mois par mois, cette maman courage nous fait rire de ce qui nous ferait pleurer, et espère toujours que ce sera différent le mois suivant... c'est bien écrit, pas sérieux quoique et très rafraichissant!











Matin de décembre. Mia, son petit frère et ses parents, partent manger chez les grands parents. Il a neigé. Un camion, et c'est l'accident. Mia se relève, voit sa mère morte, puis son père... puis elle-même. Elle est sortie de son corps, ne voit aucune lumière, et reste dans le coma. Tous les siens sont partis, doit-elle rester? 
Le thème était carrément casse-gueule, il était facile de plonger dans le larmoyant, le pathos... eh bien non, l'auteur a évité tout ça. A coups de flash-back, nous découvrons les liens de cette famille, tous les petits moments, les petits riens qui font une vie d'amour. Et la leçon du livre est bien belle... j'ai adoré!







Dans un monde où la natalité est strictement encadrée, où l'on ne meurt plus, on ne peut avoir un enfant que si l'on renonce à son immortalité à son profit. Ceux qui naissent en dehors de ce cadre sont des Surplus, destinés à servir, à ne jamais être soignés, traités comme des parasites. Anna est un surplus, docile, obéissante, parfaite. Un jour arrive dans son orphelinat Peter, un surplus qui ne baisse pas la tête, affirme être aussi valable que les Légaux. Qui affirme aussi à Anna qu'il connaît ses parents, que ceux-ci la recherchent, l'aiment... Surplus Anna voit son monde s'effriter, ne sait plus que faire, elle qui n'a jamais su qu'obéir et plier... un très très beau roman!





Rory est américaine. Ses parents, enseignants, décrochent un poste à Bristol, et la voilà dans une école privée londonienne. Nous avons là une mise en place un peu lente, mais c'est terriblement bien écrit, très drôle, avec une héroïne qui pratique l'auto-flagellation et l'humour sans complexe, et le choc Louisiane-London est savoureux. Fin du premier tiers. Voilà que se met à sévir un imitateur de Jack l'Eventreur. Mêmes dates, mêmes processus, noms de victimes très proches... et sur les vidéos de cette ville ultra surveillée, un couteau qui bouge seul. Fin du second tiers, la pression monte. Or Rory voit cet homme. Et il se rend compte qu'elle le voie. Commence un jeu du chat et de la souris haletant. Fin du premier tome. Le second est attendu en VO en 2013. C'est carrément de la torture!





Bon, ce sera tout pour aujourd'hui, mais il m'en reste encore un paquet à vous présenter!

mercredi 17 octobre 2012

Treize raisons

L'histoire: Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer… résumé pas de moi mais tellement bien fait que je le copie!

Mon avis: j'ai vraiment beaucoup aimé. Travaillant avec des ados, j'y ai reconnu beaucoup de leurs attitudes, faiblesses et méchancetés. C'est un roman qui touche. L'écriture, qui mélange ce que fait Clay, ce qu'il pense, et la voix d'Hannah en caractère gras, nous plonge vraiment efficacement dans la situation: on se dédouble, et on se retrouve das le même temps. Troublant. Génial. Et une belle leçon. C'est un roman que je relirai, c'est certain.

dimanche 23 septembre 2012

Pose ce bouquin!!!

Ben non, po possible, désolée...

D'abord j'ai été déçue, bouh, pas 200pages, frustration anticipée. 
Gravissime erreur: 200pages sur les chapeaux de roues, 200pages non-stop aux tripes direct et sans pause comment ça faut aller bosser-faire à manger-dormir-autre vous plaisantez ou quoi???

L'histoire: Benoît, commandant de police, se réveille dans une cage. Face à lui, une splendide rousse, qui veut qu'il avoue, décidée à l'affamer et à le torturer sans relâche. Mais avouer quoi? Combien de temps tiendra-t-il face à cette femme?
Mon avis: aaaaaaaah, mais c'est pas possible d'écrire des bouquins pareils! Je fais comment pour vivre, moi, hein? J'ai le nez dans le bouquin, et si je ne peux pas, j'ai la tête entre les pages quand même! Ce livre a beau être très court, il est d'une efficacité redoutable, il vous percute de plein fouet, soufflant le chaud et le froid, la compréhension et l'antipathie avec maestria, jamais gore mais toujours suggestif. Terrible! Et à nouveau, quelle fin mes aïeux!!!!

ps: j'ai peut être enfin trouvé où enlever ces scrogneugneu de codàlacon à taper, vous confirmez???

vendredi 21 septembre 2012

4H du mat' j'ai des frissons...


Attention chef d'oeuvre!
Le genre qui vous fait éteindre à minuit mais seulement parce que vos yeux brûlent, larmoient, se ferment seuls et allumer à 4h le réveil de ChériChéri partant bosser aidant un peu.
L'histoire: Cloé a tout pour être heureuse, un super job, une promotion en or au tournant, une beauté fracassante, un petit ami adorable. Mais un soir, alors qu'elle regagne sa voiture, elle est poursuivie par quelqu'un. Juste une ombre, vêtue de noir, capuchée de noire, qui la terrifie sans l'agresser. A partir de là, tout déraille, elle se croit harcelée, des objets bougent en son absence dans sa maison, elle est suivie... mais aucune preuve tangible, personne ne la croit tandis qu'elle s'enfonce dans une paranoïa alimentée par un drame d'enfance. Alexandre, lui, a tout pour être le flic cynique, dur et antipathique qu'il est, à commencer par une femme qu'il adore plus que tout et qui agonise doucement dans leur appartement. 

Mon avis: sur 437 pages, les 200 premières sont particulières, en ce sens que nos deux héros ne se connaissent pas. Déjà l'histoire vous attrape, et l'on passe de Cloé à Alexandre sans problème. Cloé, folle? victime? odieuse? attachante? Alexandre, à plaindre? à baffer? à détester? Mais quand ces deux personnages se rencontrent, tout s'accélère, le suspense prend aux tripes et ne vous lâche plus, et même la perspective d'aller travailler avec une mine de déterrée, des cernes et des yeux rouges et brûlants n'y fait rien: vous VOULEZ savoir la suite. La fin. Et cette fin, terriblement logique et pourtant surprenante, pousse à poser le livre avec le méga sourire de qui a passé vraiment, vraiment un merveilleux, inoubliable moment de lecture. Le tout servi par un style incisif, tranchant, précis, d'une justesse chirurgicale.

Hiiiiiiiii!!!! c'était quoi ça? Le chat? T'es sûre? Ok, où est mon anti-cernes...

dimanche 16 septembre 2012

Ah Ah Ah!!!

Il a de l'humour, mon ChériChéri, voilà qu'il me lance "si tu sais pas quoi écrire sur ton blog, parle de tes lectures". Warf Warf Warf!!! Il sait parfaitement, le coquin, que j'ai lu une quarantaine de bouquins cet été, et que donc ça va m'occuper un bon moment! Il y a quand même un risque que toi, ô lecteur, tu t'endormes en cours de route, mais bon...

Alors pour commencer je vais faire "the best et the pire!" oui je suis limitée en briton et j'assume, je vais même pas chercher, the wor-quéqueuchose un truc comme ça, me semble, mais po sûre.

La lecture qui a marqué mon été c'est ça:
L'histoire: Valérie et Nick s'aiment. Ils sont aussi les souffre-douleur des jeunes so in de leur lycée. Brimades, surnoms, mises à l'écart... un jour Valérie, pour se soulager, commence dans un carnet une "liste de la haine". Lycéens, adultes, simples connaissances, célébrités, tout y passe. Mais Nick, lui, passe à l'action et arrive au lycée avec un fusil. Et c'est le massacre.

Mon avis: sublime. Le livre fonctionne par retours en arrière, au moment où Valérie doit retourner au lycée. Elle a écrit cette liste, sans penser à mal. Elle a arrêté la tuerie et a été blessée, mais d'autres sont morts. Il s'agit à la fois de se reconstruire, de comprendre, de pardonner. C'est un livre qui prend aux tripes et ne vous lâche pas, qui fait réfléchir aussi.

Allez, le pire maintenant!
Prenez un auteur, une trame, et déclinez à l'infini. Ajoutez l'étiquette suspense, policier ou thriller, pour cacher que c'est juste un bavardage type bonhomme de carnaval de toutes les couleurs si vous voyez à quoi je fais subtilement allusion et vous pouvez sortir autant de livres que vous le souhaitez.

Vous voulez la trame? Y a qu'à demander!
Elle est beeeeeeeelle, nan, subliiiiiiiiiiime... et inexplicablement célibataire d'ailleurs. Pis elle a aussi des pouvoirs étranges tome 1: elle voit des fantômes, tome 2: elle fait des rêves prémonitoires ou explicatifs, tome 3 -là c'est le must- elle est une banshee, un être immortel, rien que ça.
Lui, ben il est boooooooooooo, il est ténébreux, il fait plus confiance aux zolies femmes, mais il est inexorablement attiré par eeeeeeeeelle. Pis il est graaaaaand, il est courageux, il est intelligent, il va résoudre les affaires criminelles, lui surtout qu'elle, avec ses supers pouvoirs surnaturels, elle lui file des renseignements exclusifs.
Elle et lui se disputent au début, couchent beaucoup ensuite, il la sauve à la fin vous avez sans doute noté la propension des belles héroïnes à se mettre dans des situations dangereuses alors que les morts pleuvent tout autour, et à s'en sortir en plus, et une fois les cadavres enterrés, les fantômes apaisés, les méchants emprisonnés, ben ils se marient. Pis comme lui il a des frères, ben on passe au frangin suivant, et hop!
Vala. Très oubliable pour le coup.

mardi 10 avril 2012

Un peu de tout!

Un post tous les dix jours, hemm... c'est pour pas te lasser, mon enfant!

D'abord un peu de lecture... trois livres empruntés à la bibliothèque, un lamentable, un passable, et celui-là:
L'histoire: été 1976. C'est la canicule à Oxford, et Ruth Gilmartin pense que sa mère, Sally, devient folle. Elle surveille le bois aux jumelles, se promène en fauteuil roulant alors qu'elle est valide, achète un fusil... Sally lui confie alors un manuscrit, chapitre par chapitre. Et Ruth découvre que sa mère s'appelle en réalité Eva, qu'elle est russe, et qu'elle fut espionne pour la Grande-Bretagne durant la seconde guerre mondiale. Elle découvre aussi les dangers auxquels sa mère a échappé et son aventure avec son supérieur, le séduisant Lucas Romer. Elle découvre surtout que sa mère ne l'a pas informée de tout ça pour rien: elle a besoin de sa fille pour rester en vie.

Mon avis: j'ai adoré! D'abord l'histoire, inspirée de faits réels, des services secrets britanniques qui créaient de fausses nouvelles dans la presse pour convaincre les états-unis d'entrer en guerre contre Hitler. Ensuite les personnages sont attachants et complexes, obéissant à la Loi de Romer "ne se fier à personne". Et l'écriture, alternant chapitres au "je" de Ruth, et chapitre au "elle" d'Eva. Encore un livre emprunté à la bibliothèque et que je vais m'acheter!

Ensuite de la couture!

Je vous présente "the infinity dress!"
Une robe aux possibilités multiples, sous entendant tout de même de trouver une solution soutiengorgistique. Cousue très facilement une couture très rapidement une journée en pointillé: le plus difficile est de couper le jersey bi-extensible une vraie m**** qui se sauve, glisse et dérape comme une savonnette au fond d'une baignoire.

Pour le patron, c'est simplissime et c'est ici. Et pour la nouer c'est par exemple ici pour avoir déjà galéré à la nouer sur Madeleine je suppose que quand je le ferai sur moi je n'aurai pas ce sourire dentifrice collé sur la face, mais un répertoire bien senti de vocabulaire imagé.

mercredi 1 février 2012

Un peu de lecture?

Allez on commence avec une série de deux bouquins:
L'histoire: Pénélope est conservatrice de musée. Elle qui est spécialisée dans les tissus coptes de la fin de l'Empire Égyptien se retrouve à Bayeux (tome 1) et à Versailles (tome 2). Rude. Dans le tome 1 il est question des trois mètres manquants à la tapisserie, et qui mettraient en cause la légitimité de la dynastie anglaise, et d'un certain accident sous le pont de l'Alma. Dans le tome 2, on trouve des cadavres dans des bassins et il y a de drôles de rituels au fond des bois, sans parler des ossements mis à jour dans le Potager du Roi. Mais Péné peut compter sur l'aide de son petit ami Wandrille, journaliste à ses heures et dandy plein de jugeote à temps plein.
Mon avis: déjà j'adore qu'on fasse des enfants illégitimes à l'histoire de France ou d'Angleterre, soyons pas chauvins. Et là c'est réussi, c'est documenté, la torsion est subtile et crédible, bref on marche à fond. Ensuite je suis dans ma période policier, et les intrigues sont solides en même temps je n'aime pas trop de complications non plus. Enfin le style est un peu particulier, mais on s'y fait très vite, et le texte est bourré de jeux de mots, de clins d’œil savoureux. J'ai donc beaucoup aimé.
L'histoire: Harald et Cécilia. Un couple de parents qui approchent de la cinquantaine. Lui est croyant et membre d'un prestigieux conseil d'administration. Elle est humaniste et médecin. Nous sommes en Afrique du sud, après l'Apartheid. Un ami de leur fils arrive chez eux et leur annonce la nouvelle: Duncan a été arrêté pour meurtre, il a avoué, Duncan, leur fils, a tué. Ils engagent un ténor du barreau. Un Noir.
Mon avis: waouf! Il n'y a pas de suspense policier, dès le départ on sait qui est le coupable. Le suspense réside ailleurs, dans l'évolution de ce couple confronté à l'impensable, un enfant assassin. Et dans l'attente du verdict, dans un pays où se discute la constitutionnalité de la peine capitale. Je suis allée jusqu'au bout, mais l'écriture est difficile, vraiment particulière ok le Nobel quand même! et c'est un des rares livres que je posais au bout de quelques pages non par manque d'intérêt mais par fatigue intellectuelle!
Les auteurs, un grand reporter et un ancien membre des services secrets de la France Libre, se posent certaines questions: Jeanne était-elle bergère? Comment dans ce cas a-t-elle pu être une cavalière émérite, une guerrière, comment a-t-elle pu s'entretenir avec les grands de son époque en parfait français? Est-elle morte sur le bûcher?
Ce sont les questions que je me posais, élève, lorsqu'on me sortait l'histoire de la bergère qui devient guerrière, guidée par des voix: les voix, ça fait pas tenir à cheval dans une armure en pleine cavalcade quand on a seulement gardé des moutons. 
C'est écrit comme une enquête policière et truffé de références. Et ce sujet pas tout jeune continue à faire débat, il suffit d'aller lire les commentaires des internautes sur la page de ce livre ici par exemple.
Alors véritable et sérieuse enquête? Ou manipulation de données? Je n'ai pas la compétence pour en décider, on peut faire dire tout et son contraire à un même document en le tronquant à sa convenance c'est bien connu. Mais ce livre est passionnant, et ça c'est un fait.
L'histoire: une enfant est confiée à un couple de paysans irlandais le temps que sa maman fasse ses énièmes couches. Ça commence mal, le papa oublie de lui donner sa valise et part avec! Ce séjour va être pour cette petite, et le couple qui l'accueille, un merveilleux moment.
Mon avis: un très beau roman, très court (hélas?), qui vous laisse une lumineuse douceur au cœur. Il n'y a que les dernières lignes qui m'ont glacées, par l'interprétation qu'on peut en faire...
L'histoire: Jiselle, hôtesse de l'air trentenaire et célibataire, croit vivre un conte de fées lorsque Mark, le superbe pilote devant lequel toutes les femmes bavent, la demande en mariage. Elle accepte aussitôt, sans même rencontrer les trois enfants dont elle va être la marâtre. Toujours sans réfléchir, elle démissionne pour aller s'occuper de ces trois ados ou pré-ados inconnus, ce qui n'a rien de gai. Mais voilà que l'épidémie d'une mystérieuse maladie se répand de plus en plus, Mark est en quarantaine en Allemagne, Jiselle doit affronter seule la lente descente aux enfers de ce monde qui retourne aux temps obscurs, et se surpasser pour protéger sa nouvelle famille.
Mon avis: j'ai adoré! Ça commence comme un roman Harlequin, avec la très forte envie de baffer cette nunuche de Jiselle. Puis la situation se dégrade, et l'on regarde avec un autre œil son environnement immédiat , tout ce dont nous sommes dépendants, qu'il nous paraît si naturel d'avoir et n'est que le résultat d'une chaine qui peut casser très facilement à tout moment. J'ai adoré cette fin du monde vue par le petit bout de la lorgnette du quotidien. Et certains clins d'oeil (Britney Spears parmi les premières victimes, Angelina Jolie et ses douze enfants) m'ont fait rire. Voilà le danger de prendre des livres à la bibliothèque: on finit par les acheter!

PS à Katell: tu vois qu'on peut avoir des goûts en commun ;-)

lundi 9 janvier 2012

Des livres dont tout le monde cause, même moi.

Perdue dans mon projet 52 alors qu'il n'a pas encore débuté, je dévore  les bouquins. C'est la période, viendra un jour où je ne pourrai plus ouvrir un livre et puis on m'a changé sauvagement mon emploi du temps en même temps que la bibliothèque a modifié ses horaires d’ouverture et oh miracle soudain je peux y aller seule facilement! note: envoyer des chocolats à la directrice de la bibliothèque.

L'histoire: une femme se réveille, croyant avoir 20 ans. Elle en a 47. Elle ne reconnaît rien ni personne, ni sa maison, ni son mari, ni son visage. Il y a 19 ans elle a survécu à un terrible accident de voiture qui l'a laissée amnésique, une amnésie particulière: chaque nuit, son cerveau efface toute sa journée. Un médecin va l'aider...

Mon avis: j'ai adoré, dévoré, je l'ai lu en faisant la cuisine, je ne l'ai lâché à regret que fini, et je le recommande à tout le monde. Même à mes grands élèves, je me sers de ce roman en illustration d'une leçon! Tout est distillé avec finesse, et le point de vue interne à l'héroïne fait qu'on s'y attache immédiatement et qu'on partage ses angoisses, ses doutes et ses terreurs. Roman génial.


L'histoire: un homme emporte des boutures en voiture.

Mon avis: eh ben je n'en dirai pas plus sur l'histoire car je l'ai lâchée au bout de 150 pages laborieuses. Parfois je me demande pourquoi on fait un tel foin de tel film ou livre, ben là je suis en plein dedans. Mais quel ennui! Ce personnage velléitaire avec ses trois boutures de roses est d'un pathétique... même pour choisir un plat au restaurant il lui faut un guide spirituel, un psy, un examen de conscience et une retraite. LE point positif? La couverture. J'adore ce motif très années 70.

L'histoire: le titre est trompeur, il s'agit d'une biographie qui commence à l'arrivée de Marie-Antoinette en France comme Dauphine et s'achève en 1792 lors du départ de la fuite qui s'achèvera à Varennes.

Mon avis: des biographies de Marie-Antoinette, j'en ai lues un paquet, et celle là est à part. L'auteur qu'on ne présente plus nous fait grâce des extraits des lettres de Mercy, de Marie-Thérèse et des autres pour se centrer sur Marie-Antoinette et son entourage. On aperçoit avec bien plus d'acuité le monde en vase clos, réduit à quelques personnes, dans lequel évoluait la reine, ne lui laissant aucune chance de comprendre ce qui se passait dans le pays dont elle était souveraine. On se rend compte aussi du total manque de préparation à sa tâche dont elle a été victime. Une belle biographie, à mettre en face de celle de Jean Châlon pour avoir une vue approfondie. 
Et puis j'ai en marge aimé dans cet ouvrage la peinture du peuple qui souffre, souffre de faim, de froid, souffre d'être méprisé, souffre de se saigner pour une minorité de privilégiés, souffre du manque d'écoute, de reconnaissance, souffre d'une dette publique de 400 millions d'euros (conversion faite par l'auteur) et finit par prendre les armes, renverser cet ordre des choses si peu ordonné. Ok ça finit Place de la Révolution, dans les excès de la guillotine, de la Terreur aveugle, et ça donnera Napoléon. Mais c'est quelque part... plein d'échos, non?

jeudi 22 décembre 2011

C'est pas sérieux (mais qu'est ce que c'est bon!)

Non, je ne parle pas d'un pot géant de nutella, mais de ça:
Nooooon, c'est pas intello pour deux sous, non ça ne vous entraînera pas dans une réflexion impliquant un peu de psychologique, un peu de métaphysique et un peu de théologique, non vous ne brillerez certainement pas au prochain dîner de tata Josette en citant cette lecture... mais faites-vous un bon thé, envoyez les enfants paître ailleurs, jouez des orteils devant la cheminée et, surtout, profitez.

L'histoire: Alexia Tarabotti a plusieurs soucis. D'abord, elle n'a pas d'âme. Dans le Londres de Sa Majesté Victoria, où se côtoient sans souci vampires, loups-garous et autres surnaturels, elle est une paranaturelle, ce qui signifie entre autres qu'à son contact les êtres surnaturels redeviennent humains, parfois pour leur malheur. Ensuite elle est vieille fille, affligée d'un grand nez, d'une poitrine qui l'est tout autant, d'un teint mat, de cheveux sombres et d'un goût prononcé pour la science. Ajoutez à cela qu'elle porte un nom italien, et vous comprendrez qu'au pays des jeunes filles délicates à la peau de porcelaine, aux cheveux blonds, aux yeux bleus et à la syncope facile, Alexia n'est pas à la fête. Enfin, lors d'une soirée ennuyeuse à périr, c'est un jeune vampire fort mal élevé qu'elle envoie ad patres d'un coup de son ombrelle fabriquée maison, lestée de chevrotine, pointe en argent attention Mademoiselle Tarabotti ne rigole pas avec les ombrelles. Inévitablement, Lord Maccon, loup-garou Alpha et chef du bureau d'enquête surnaturel de sa Majesté, lui tombe sur le poil. Problème, elle a tendance à lui hérisser le sien. Et accessoirement on cherche à la kidnapper, voire plus, tandis que les disparitions étranges et les apparitions qui le sont encore plus se succèdent.
Mon avis: ben non, c'est pas intello du tout, mais qu'est-ce qu'on rigole! J'avoue que les vampires et les loups-garous, j'en ai soupé, on nous les met à toutes les sauces actuellement, mais j'ai quand même tenté, séduite par l'humour du résumé et les critiques, et je ne le regrette pas. Alexia semble l'enfant paranaturel d'une Lara Croft qui serait cousine de Bridget Jones et d'un Brett Sinclair qui partagerait son arbre généalogique avec Terry Pratchett. Même les scènes de séduction sont l'occasion d'humour parfois déplacé, mais ô combien drôle. Non, c'est pas intello, mais en ces temps sinistres c'est une lecture qui fait simplement du BIEN.

"Alexia décida ici et maintenant qu'il était clair que lord Maccon n'avait que deux modes de fonctionnement: l'agacement et l'excitation. Auquel préférait-elle avoir affaire? Son corps se joignit à la discussion et elle parvint à se choquer elle-même au point de se taire"
"Son cœur faisait des choses folles et elle était toujours incapable de localiser ses rotules. Elle prit une profonde inspiration et entreprit de les rechercher avec attention."
"Mademoiselle Tarabotti se demandait si la combustion humaine spontanée pouvait être due à une gêne profonde."

Maintenant vous m'excuserez, le tome 2 m'attend. Les critiques en étant moins bonnes, je vais de ce pas étudier la question de près. Edit: étant en train d'étudier la question je confirme l'opinion générale: le tome 2 est bien moins drôle, bien moins décalé, bien moins rythmé aussi. Comme si l'auteur se faisait peur et voulait écrire du politiquement correct alors que dans le tome1 elle était inconnue et s'était donc lâchée, quel dommage!

dimanche 18 décembre 2011

Un livre pas rentable du tout...

Si l'on considère que je l'ai lu en 24h, sans quasi pouvoir décrocher.
Je l'avais découvert sur le blog de Sophie et tant la couverture Actes Sud fait toujours très fort sur les visuels je trouve que le sujet m'avaient séduite. Je l'ai donc réservé à la bibliothèque, ai attendu deux mois, et me le suis acheté oui il y aurait beaucoup à dire sur le système de réservation de ma bibliothèque.

L'histoire: Une jeune femme japonaise recontacte son ex petit ami pour qu'il l'accompagne dans la découverte d'une maison abandonnée. Elle en a reçu la clé à la mort de son père et espère y trouver des réponses: pourquoi n'a-t-elle aucun souvenir avant ses cinq ans? pourquoi est-elle une mère maltraitante, au point d'avoir confié sa fille à ses beaux-parents? Ils découvrent une maison étrange, dont la porte d'entrée est condamnée de l'intérieur, dont les pendules sont toutes arrêtées à onze heures dix. Le journal intime d'un petit garçon va peu à peu leur offrir des éléments de réponses et dévoiler une histoire tragique.

Mon avis: Je ne suis pas spécialiste de la civilisation ni de l'écriture japonaise et j'ai toujours un doute sur la fidélité de la traduction en termes de qualité et d'intentions de l'auteur, mais j'ai adoré. La tension monte progressivement, et ne se relâche pas. Et pourtant l'écriture est calme, n'entre pas dans la surenchère occidentale. C'est surprenant, fascinant, prenant. La gestuelle même des personnages n'est pas ordinaire et m'a souvent décontenancée, répondant sans doute à des codes différents des codes occidentaux. Et puis évaluer une pièce en nombre de tatamis, ça change!
L'histoire est très bien menée, les indices sont soigneusement distillés, et à la fin le narrateur (qui est l'ex petit ami) se permet même le luxe de découvrir quelque chose, de nous dire qu'il a découvert quelque chose... et de nous faire attendre pour le dévoiler. Raaa, ça c'est po sympa! Seul petit bémol, j'avais deviné dès le début une partie de la solution, et ça c'est un peu frustrant: j'aime bien quand je me trompe et que l'auteur est plus malin que moi. Mais cela n'enlève rien au plaisir de cette lecture!

Autre ouvrage totalement différent: 
Le sujet: écrit par le jardinier en chef de Versailles et Trianon, cet ouvrage relate des anecdotes sur le domaine de Versailles et ceux qui l'ont fait, petits et grands.

Mon avis: très partagé. L'écriture est délectable, pleine d'humour et décalée, elle m'a rappelé le "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola. La scène de la suicidaire qui prend un verre avec un parpaing et finit debout dans les 50cm d'eau du bassin est simplement hilarante, malgré son sujet. Alain Baraton nous raconte avec beaucoup de finesse la petite histoire de Versailles, et les nombreux cadavres sur lesquels s'est bâti ce château. Maintenant si vous êtes déjà un connaisseur de l'histoire de Versailles et que vous cherchez des anecdotes nouvelles, passez votre chemin: vous n'apprendrez rien.

mardi 8 novembre 2011

Attention, chef d'oeuvre

J'ai "rencontré" Diane Meur lors du jury du premier roman auquel je participais en mes plus jeunes années, et j'avais été enthousiasmée par son style qui alliait érudition et légèreté, avec une langue maitrisée, malicieuse, séductrice. Les villes de la plaine est son sixième roman et je suis fan.

L'histoire: dans une antiquité imaginaire mais qui nous rappelle des choses, la ville de Sir vit sous l'ordre des lois d'Anouher. Régulièrement un scribe est chargé de recopier ces lois et ces textes sacrés, puis celle des trois copies existantes la plus endommagée est solennellement détruite. Ainsi se perpétue l'ordre d'Anouher. Plus loin dans la plaine, la ville d'Hénab accueille les proscrits de Sir et vit dans ce que les Siriotes qualifient d'anarchie, avec pour seule loi quelque chose qui ressemblerait à "ma liberté s'arrête où commence celle des autres". 
Asral le scribe est chargé de copier ces lois sacrées. Ordjeneb, jeune montagnard, arrive à Sir pour trouver du travail. Méconnaissant les usages de la ville, il se fait tabasser, est recueilli par une jeune blanchisseuse dont il s'éprend, et engagé grâce à elle par Asral pour être son garde du corps et le garde de ces copies sacrées. Ce sont les questions naïves du montagnard qui feront prendre conscience à Asral que les textes sont anciens, que les mots ont changé de sens, que la loi appliquée n'est qu'une déformation de celle d'origine. Il entreprend alors en secret une Seconde Copie, sorte de traduction de la première, et enquête sur l'identité d'Anouher le Borgne. Une entreprise qui fera basculer l'histoire de Sir.

Mon avis: C'est un livre superbe, à la langue raffinée, précise, légère, et qui se lit à plusieurs niveaux. Les amours du montagnard et de la blanchisseuse, l'amour impossible d'Asral pour un jeune chanteur, les dissensions religieuses, les luttes d'influence des corporations, les guerres de conquêtes... mais aussi des questions non formulées qui surgissent et résonnent dans notre monde: qu'est ce qui fait d'un homme une légende ou un prophète? Qu'est ce qui transforme un règlement en texte sacré? Quelle foi lui accorder à travers les âges, à quelles manipulations est-il soumis, au bénéfice de qui? Quelques avancées brutales dans le temps, nous menant aux découvertes archéologiques d'un groupe de savants prussiens qui met à jour les ruines de Sir en 1840, nous donnent des éléments sur les conséquences des questionnements d'Asral. Tout ceci foisonne, interpelle, fait réfléchir, sans jamais perdre un immense plaisir de lecture, presque gourmand: que du bonheur!

lundi 31 octobre 2011

Oui, mais... non.

Petit coucou lecture ce matin pour vous parler de ce livre...
... lu dans le cadre des matchs littéraires de Price Minister clique donc sur la nimage ô lecteur pour aller sur la fiche de ce livre.

Alors déjà, histoire de te raconter my life, pourquoi avoir choisi ce titre? Parce que une fois dans ma carrière de Don Quichotte du français en milieu hostile j'ai été confrontée à une élève de cinquième enceinte. Et à ce mot de notre principal de l'époque alors qu'elle suppliait pour avoir un rendez-vous avec lui "elle s'est démerdée seule pour tomber enceinte, qu'elle continue!" ce qui m'avait semblé... hem... j'ai promis de rester polie dans ce billet.

L'histoire: Gloucester, Etats Unis d'Amérique. Dix sept adolescentes défraient la chronique en tombant enceintes en même temps. Une journaliste recueille les témoignages de Lana, la meneuse, dont la mère abrutie aux médicaments passe son temps devant la télévision; Cindy, recueillie par sa tante après que sa mère se soit enfuie avec le plombier, le papa étant en prison; Sue, fille de catholiques très bien pensants à la gâchette facile et aux idées peu catholiques; et Kylie, comme la chanteuse, ancienne mini miss, vivant pour les people comme sa mère qui cumule trois boulots pour payer les traites de la maison.

Mon avis: Déroutant. Je l'ai lu deux fois, une fois dès réception, une autre cette semaine, pour vérifier si je gardais le même avis, et je le garde. 
La catégorisation est "roman", mais c'est inspiré d'une histoire réelle et la présentation en interviews journalistiques maintient cette impression. Etant dans un "roman" je me suis refusée à faire des recherches sur l'histoire vraie, mais ça me démange! Le "roman" est une suite d'entretiens parfois longs, parfois très brefs, qui distillent chacun leur tour des renseignements sur les histoires de chacune, la bande qu'elles forment, leurs relations entre elles et avec leurs familles. Mais pas uniquement. C'est aussi un portrait d'une Amérique profonde presque caricaturale. 
Ce qui frappe dans ce portrait c'est l'abandon dans lequel survivent ces jeunes filles. Des parents enfuis, absents, ou de toute façon absolument pas à l'écoute. Aucun suivi médical de grossesse par manque de couverture sociale, la seule ayant eu une et une seule! échographie étant Kylie, qui est la seule également à évoquer le refus d'avoir un enfant trisomique.
Ce qui m'a manqué dans ce livre, c'est bien la cohérence. Est-ce à dire que c'est une volonté de l'auteur de produire un ouvrage aussi chaotique que les vies de ses héroïnes, je ne sais. Ça fuse dans tous les sens, mais certaines questions restent sans réponse de leur part, ou alors c'est à nous de les trouver? Pourquoi ces bébés, finalement? Pour donner une stabilité à leur vie? S'il y a une évolution de leur discours vers un abandon des rêves de l'adolescence et vers la maturité, il ne s'accompagne pas d'une réflexion sur le fait d'être mère, sur ce qu'est un bébé, ce que cela implique, et l'on peut facilement imaginer à la fin une stricte reproduction...d'un schéma social.
En bref il manque pleins de choses dans cet ouvrage, je l'ai posé avec le sentiment dérangeant d'avoir raté un truc d'où relecture sans savoir si c'est moi, ou l'auteur, qui ai manqué quelque chose.

vendredi 16 septembre 2011

Rentrée littéraire c'est la faute à Katell !

Pour parodier l'article de Katell iiiiiciiiiii, voilà ce que je pourrais dire...
Ce matin, entre thé et pain gluten free, lors de ma visite quasi quotidenne sur le blog ScrapsVoyages je tombe sur çà:
rentree_litteraire
Ni une ni deux, j'ai envoyé un mail...en me faisant évidemment parrainer par Katell, en fait il est pas encore envoyé passqu'il faut le lien de cet article mais c'est comme si c'était fait chipotez po.
 
Le principe: vous choisissez un livre dans la liste proposée (que des livres de la rentrée littéraire comme son nom l'indique :-D), et vous vous engagez à le lire et à en faire la critique sur votre blog. J'ai eu du mal à choisir entre 2 bouquins (les derniers Franzen  Schneider et Vann )....donc s'il vous plait si cela vous intéresse, inscrivez vous par mon intermédiaire :-D et quand je dis mon intermédiaire c'est le mien à moi pas le sien à Katell ooooohhhhh cela me permettra de choisir un autre livre dans la liste au hasard celui des deux que j'ai po pris si vous suivez (et accessoirement de "jouer le jeu" hein ;-) pour vous allez vous verrez la critique littéraire ça fait un bien fou ça venge de toutes les sales appréciations mises dans vos rédactions par des profs qui ne comprenaient rien à votre talent je parle pour vous évidemment)....merci d'avance!


Donc grâce à moi Katell va pouvoir lire les deux livres qui la tentaient en fait elle va même devoir un choisir un troisième visiblement hi hi hi. Alors soyez cools, soignez votre kharma, montrez moi qu'un bien n'est jamais perdu et deux je l'aurai en faisant itou tout pareil avec ma pomme, merci d'avance, les vaches vous le rendront.

PS: vous remarquerez que moi qui justifie toujours mon texte j'ai même gardé le centré de mon illustre auguste prédécesseuse pas l'habitude de faire les choses à moitié mwa.

Kilt et cornemuse

Petit billet lecture la faute à Katell qui m'a fait penser que oups je lis mais je ne poste plus sur ma lecture du moment:

L'histoire: Claire, jeune infirmière anglaise, retrouve son mari Frank en Écosse. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale, le couple a été séparé durant toute la guerre et compte bien se retrouver sur les lieux de son mariage et de son voyage de noces pour refaire connaissance et tenter de faire un enfant. Frank est historien, passionné par un de ses ancêtres, un soldat du 18ième siècle nommé Jack Randall, à la réputation héroïque. Claire, elle, aime herboriser et l'Histoire l'ennuie. Mais durant ce séjour, lors d'une promenade, elle découvre un cercle de pierres, lieu druidique encore fréquenté. En s'approchant de deux menhirs il lui semble entendre hurler... et elle est aspirée à travers le temps, atterrissant brutalement au 18ième siècle et aux pieds de Jack Randall.

Mon avis: .... est partagé. Il est quand même drôlement pratique pour la suite de l'histoire que Claire soit une infirmière habituée des champs de bataille donc des blessures en tous genres à une époque où on joue joyeusement de l'épée et du mousquet. Et drôlement pratique aussi qu'elle aime herboriser et soit savante dans les propriétés des plantes à une époque où les facilités pharmaceutiques n'existaient pas. Et aussi drôlement pratique que Frank soit historien et que Claire ait donc, bon gré mal gré, des souvenirs de connaissances qui échappent au commun des mortels cultivés. 
Ces facilités narratives mises à part, l'histoire est prenante dans ce premier tome. Il y a de l'aventure, de la romance parfois trop d'ailleurs je trouve le style est rapide, précis et sans fioritures, c'est efficace comme un bon scénario auquel cela ressemble plus qu'à de la littérature hormis le nombre de pages. Je regrette quand même la facilité encore avec laquelle Claire se coule dans le 18ième, cela nous prive à mon sens de moments drôles et décalés qui n'ont lieu qu'au tout début de son voyage dans le temps et ensuite manquent carrément un peu. Le début du roman en Ecosse au 20ième siècle est un peu long, mais nécessaire pour poser la suite. 

Ce n'est pas un tome unique, il y a pleiiiiiiins de tomes à la suite. Je suis en train de finir le 2, qui m'a déçue car ne commençant pas réellement avant le dernier tiers du pavé de presque 800 pages ça fait long l'attente même agréable. Selon les éditions les tomes ont été groupés, scindés, du coup je ne sais pas, il y en a 8, 9, 11... c'est selon et c'est le bazar! Une lectrice sur amazon qui a acheté la série se plaint, en les ayant sous les yeux, de ne pas savoir dans quel ordre les prendre, c'est dire!
Bref lecture pas prise de tête, roman de plage si on a une mémoire correcte qui permet de ne pas perdre le fil entre sable et pastis, ou roman de rentrée, quand on a envie le soir de ne penser à RIEN.

lundi 1 août 2011

Pauvre Harry!

Argh!
Oui, environ quelques années après leur parution, je suis en train de dévorer lire les aventures de Harry Potter. Par un gentil hasard voilà que certains films passent à la tv. Chouette alors, je regarde, atteinte d'une pottermania aiguë.
La coupe de feu n'est pas mon préféré, de loin. Pour l'instant je commence le tome 7 mon préféré est le 5, l'Ordre du Phénix. Mais tout de même la Coupe de Feu promettait un bon moment.
Ben je suis désolée mais... non. Non non non non. 
Je sais bien que l’œuvre de JKR est trop riche pour être fidèlement retranscrite à l'écran. Mais quand même. Là ce n'est plus une simplification, c'est de l’élagage sauvage!  Nombre de choses passées sous silence sont importantes pour la suite. 
Du coup pas très envie de voir l'adaptation de l'Ordre du Phénix moi...
Et vous? Déjà déçus par une adaptation?

lundi 4 avril 2011

Des anges

Whaouh whaouh whaouh, je me suis régalée avec ce bouquin là:
L'histoire:
Évangéline est une jeune religieuse du couvent de Sainte Rose, dans l’État de New York. Un beau matin d’hiver, elle reçoit une missive qui va changer le cours de sa vie. Son expéditeur, un certain M. Verlaine, s’intéresse à la relation épistolaire qu’aurait entretenue une ancienne mère supérieure du couvent, mère Innocenta, et la célèbre mécène Abigail Rockefeller.Évangéline n’en a jamais entendu parler. Poussée par la curiosité, elle découvre dans les archives du couvent la preuve des allégations de Verlaine. Ce qu’elle ignore en revanche, c’est où cette découverte va la mener. Car bientôt, Verlaine et elle se retrouvent pris dans une véritable tempête.
Il y a plusieurs siècles de cela, des anges descendus sur Terre sont tombés amoureux de femmes mortelles. De ces unions sont nés des êtres hybrides, les Nephilim, qui dissimulent derrière leur beauté une noirceur d’âme sans pareil. Au fil du temps, ces derniers ont créé des dynasties riches et influentes, dont l’ultime dessein est de dominer le monde. Mais depuis des générations également, des angéologues se transmettent la science arcane qui leur permettra d’être armés le jour de l’affrontement final. Or ce jour approche, et bien malgré eux, Évangéline et Verlaine viennent de décider de n’y être pas étrangers…
Mon avis: beaucoup de positif et un peu de négatif.
Commençons par le négatif: le rythme est déconcertant. Le roman est divisé en trois parties, la première commence avec Evangéline dans son couvent. Ça traine, mais bon, on se dit qu'il faut bien mettre en place les personnages, et puis l'intrigue monte, vous happe et... pouf! Seconde partie, Paris pendant l'Occupation, et vlan le soufflé retombe, re-présentation des personnages, des loooongueurs utiles pour la suite mais ça ne les rend pas moins longues... mais ça redémarre, et ouf ça ne s'arrête plus, et à partir de la seconde moitié du livre on n'a plus envie de le lâcher. 
Le positif: c'est pas mal écrit-traduit du tout! L'histoire est prenante, la fin surprenante (une suite est en cours d'écriture et les droits d'adaptation cinématographique ont été achetés avant même la publication) eh eh, je l'avais devinée troooop forte, Lizzie mode j'me la pète. Les personnages sont bien campés, et si le narrateur est omniscient on se focalise tour à tour sur chacun, d'où une impression agréable de globalité. Par contre bien que chaque chapitre commence par une localisation et une heure, on se perd un peu, surtout dans la première partie. Po grave, c'est un bonheur de s'égarer! Enfin une foultitude de références dont votre inculte servante ignore totalement si elles sont véridiques ou pas... et on s'en fiche.
C'est comme un Da Vinci Code qui serait bien écrit, lui.

jeudi 24 mars 2011

De plein de vrac font une vie

Une vie qui va à cent à l'heure, mais c'est mieux que d'être mort non?
Entre les travaux (on y reviendra) les conseils de classe (on n'y reviendra pas, d'ailleurs sont pas finis) THE méga sortie d'enfer de la mort qui tue sa race (pour faire djeunz et on y reviendra aussi ça c'est certain) Babynator qui aime faire peur à sa mère ("maman j'ai bobo la noreille!!!")  mon boulot qui du coup finit en temps perdu en salle d'attente (perdu car thanks God il n'a rien le chameau!), eh, bon, pouf pouf je fatigue un chouia.

Le niveau d'inspi scrap est au zéro absolu. Pour une fois je me tiens informée de l'actualité le matin, en petit déjeunant devant le net. Déprimant. Bon pour la ligne. Je ferais mieux d'essayer de scrapper, direz-vous, mais non, j'ai la tête au Japon et le trouillomètre au même niveau que le créatomètre. 

J'ai quand même fini un bouquin. Si. J'aurais pas dû d'ailleurs.
Je remercie officiellement Amazon pour ses jolies n'images de bouquins qui m'évitent de sortir l'apn. Et l'avis de l'internaute sur ce bouquin rejoint intégralement le mien, ça rassure quelque part.

Alors l'histoire: Tom, psychologue, deux enfants, divorcé, apprend soudain que Neil, son meilleur ami, son presque frère, est en réalité un tripatouilleur de cerveaux au service de la NSA et qu'il a très légèrement pété un plomb, l'entraînant dans une mise en pratique horrible de leurs théories d'étudiants.

Mon avis: la quatrième de couverture racontait que c'était inspiré des derniers progrès en matière de neurosciences, c'est ce qui m'a accroché. Ben si c'est vrai, j'en viendrais à souhaiter l'extinction pure et simple de la race humaine. Mais franchement j'en doute tellement c'est fumeux, délirant, parano. Les faits racontés sont au-delà de l'odieux, avec juste assez d'ellipses narratives pour en rajouter une couche. Quelques rebondissements bien placés vous donnent envie de lire plus loin pour savoir et avec l'espoir que ça décolle enfin. Tom est pathétique. Plus anti-héros que lui, tu peux pas faire, il geint, pleure, et ce sont là ses meilleurs moments. Trop de bla-bla pseudos-théoriques, cela manque cruellement de sens pédagogique, c'est assommant soyons clair. Assommant, déprimant. Mais je l'ai fini quand même, passque l'auteur dans un rebondissement que j'attendais depuis cent pages s'est bien entendu attaqué aux enfants. Té, c'est imparable, quand ça patauge dans la prose on tire sur les gosses. Êtres de papier certes, mais ça tord bien les tripes quand même. Beurk, bof, à oublier.