Parce que hier je suis allée acheter du fromage.
Rigolez pas, on parle d'une institution, là. Le fromage est à notre civilisation franco-savoyarde ce que l'eau est aux poissons, ce que la chlorophylle est aux arbres, ce que les boules sont au sapin noellien.
Qu'il neige, qu'il vente, qu'il pleuve, on va faire le plein de la boîte à fromage comme celui du réservoir de la voiture, ça ne se loupe pas.
Me voilà donc partie, youpi, dans la froidure hivernale, direction ma fromagère.
Et là je dis c'est po normal!!! Ok on est dans une région à neige, ok nos voitures sont équipées, nos chasse-neige affutés, nos saleuses remplies, mais est-ce que dans la panoplie du parfait marcheur savoyard il y a les ailes aux pieds?
Nan. Vu nulle part.
Et sur les trottoirs, et sur la route, des plaques de glace translucide de plusieurs centimètres. Et les saleuses, elles sont visiblement en train de tricoter au coin du feu, parce qu'elles ne sont pas passées duuuu tout. Et les chasse-neige itou.
Donc Lizzie, pas prise au dépourvu pour autant, elle fixe à ses bottes à neige top-glamour des crampons encore plus glamour. Genre je suis certaine qu'Adriana ou Monica elles seraient sexy avec ça, Lizzie elle est juste équipée...
Ben ça n'a pas suffit. A l'aller ça allait, mais au retour, avec le sac de deux kilos au bout d'un bras, déséquilibrant l'ensemble de la personne, zim boum ça a dérapé.
Naaaaaan, j'ai pas fini le derrière par terre. Le corps est bien fait, quand un membre décide de prendre brutalement la tangente, il balance tous les autres dans tous les sens pour le convaincre de rester à la maison, allant jusqu'à faire onduler des endroits qui, je suis désolée de le constater, ne sont plus à nos âges faits pour ça.
Sont restés au champ d'honneur de la boîte à fromage une cheville, un genou, quelques vertèbres. Une minute de silence pour ces héros méconnus je vous prie.